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Montbéliard
Magazine - N°73 - Mai-Juin 2007 Le développement durable au quotidien
Le développement durable est
partout : dans les transports, l’habitat, les entreprises, les
collectivités… Le thème est au centre des conversations.
Agir pour le développement durable pourrait se résumer par une formule très simpliste : conserver son niveau et sa qualité de vie tout en restant attentif à la sauvegarde de notre planète pour les générations futures. Mais attention, l’écueil serait d’imaginer qu’il s’agit là seulement de parler d’environnement. Pas du tout. Les trois piliers du développement durable sont l’économie, un volet social et un autre environnemental. Tout est intimement lié. De l’avis des spécialistes rencontrés pour élaborer ce dossier, le développement durable résultera d’un ajustement fin entre technologie, organisation collective et comportements personnels. Chaque échelon influençant les autres. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) met en oeuvre et accompagne les politiques gouvernementales dans les domaines des déchets, de l’énergie, de l’air et du bruit. Sa vision est forcément transversale. Elle peut être à la fois partenaire d’une collectivité locale, d’un projet d’entreprise ou mener une campagne de sensibilisation et d’information auprès des particuliers. “Sans énergie, il n’y a pas de vie, nous rappelle le délégué régional Franche-Comté Paul-Marie Guinchard. L’homme doit se chauffer, s’habiller, se nourrir, c’est universel et historique. Pourtant, nous vivons dans un système fini, la Terre.” Il faut désormais apprendre à gérer nos ressources fossiles ou renouvelables, mais il faut aussi trouver des technologies et des énergies nouvelles.
“Nous conseillons environ 1 200 personnes par an sur l’Aire urbaine pour des choix en matière énergétique lors d’un projet de construction ou de rénovation, explique David Boileau, conseiller de l’antenne Nord Franche-Comté à Belfort. Et le nombre des demandes ne cesse de croître.” Chauffe-eau solaire, granulés de bois, pompe à chaleur, isolation… Les procédés sont nombreux, souvent assez opaques pour le particulier.“Nous apportons un conseil tout à fait objectif et neutre, nous ne vendons rien.” Ce qui se fait le plus ? “Le chauffe-eau solaire. Nous sommes passés de 1 000 à 2000 installations en Franche-Comté entre 2005 et 2006. Avec 4 à 5 m2 de capteurs solaires, on pourvoit à près de 60 % des besoins en eau chaude sanitaire d’une famille de quatre à cinq personnes.” Architectes et constructeurs ont aussi pris la mesure de cette nécessité et proposent désormais un panel de solutions adaptées au budget et aux souhaits de leurs clients. Les maisons Moyse mènent ainsi un projet de construction d’un nouveau genre au Mont-Chevis : une maison bioclimatique. Maison témoin, elle regroupe toutes les innovations imaginables. “L’objectif, au niveau européen, est de diviser par quatre la consommation énergétique des logements d’ici à 2050, nous devons donc inévitablement donner le ton avec les logements neufs,” explique Gérard Moyse, dirigeant de l’entreprise. Que trouve-t-on dans une maison bioclimatique ? “La conception architecturale elle-même est particulière : un maximum d’ouvertures pour profiter de la chaleur du soleil, une enveloppe performante avec des façades bois et 20 cm d’isolant en ouate de cellulose, une toiture végétalisée qui isole et permet une température intérieure constante, triple vitrage au Nord, puits canadien, ventilation mécanique double flux, récupération des eaux pluviales et panneaux solaires…” L’énumération peut faire tourner la tête. Construire des bâtiments bioclimatiques. “Il faut normalement compter une augmentation de 10 à 15 % du coût de la construction pour une vraie dimension environnementale, mais nous avons concentré ici toutes les nouveautés…“ L’addition est donc encore élevée pour un particulier. Les collectivités prennent, elles, aujourd’hui le parti de prévoir ce surcoût dans leurs projets neufs. C’est notamment le cas du futur foyer Bossière à Montbéliard. La construction de ce foyer-logement pour personnes âgées a un objectif de performance énergétique qui se traduit par une isolation thermique renforcée et des systèmes de chauffage et de ventilation performants. Ainsi, le gain obtenu sur les consommations est supérieur à 10 %. Le préchauffage de l’eau sanitaire est obtenu grâce à des capteurs solaires en toiture. L’architecture du bâtiment a également été souhaitée en dégradé suivant la pente naturelle du terrain, permettant ainsi une relation harmonieuse avec l’environnement (voir aussi page 15). À plus grande échelle, le futur site médian du centre hospitalier de Belfort-Montbéliard répondra également à un cahier des charges de haute qualité environnementale. Le bois sera l’un des matériaux dominants de l’édifice. Isolation thermique et phonique des façades, récupérations des eaux de pluie, eau chaude sanitaire d’origine solaire et gestion des déchets irréprochable et intelligente sont prévus.
Tout ce qui est collecté a une deuxième vie. Trier est en effet un acte de base en faveur du développement durable, dans ses dimensions sociales, économiques et environnementales. Ce geste fait aujourd’hui partie de notre quotidien, au travail comme à la maison nous devrions être conscients de son importance. Marie-Claire Derycke, chargée de l’environnement sur le site PSA Peugeot-Citroën de Sochaux, prône toutes les démarches vertes et notamment le tri des déchets. Les actions sont multiples, initiées par son service ou par les employés soucieux de faire “comme à la maison”. Le taux de revalorisation des déchets est désormais de 90 % sur le site. “Ça c’est un résultat, se réjouit-t-elle. Nous sommes fiers car nous avons réellement une politique pour aller vers le développement durable.” Le site abrite des zones de tri, une déchetterie centrale et une station d’épuration. De son côté, Pierre Feuvrier, responsable de l’Agence de l’environnement de la Communauté d’agglomération du Pays de Montbéliard, explique que “notre territoire est historiquement très volontaire en matière de tri”. Les déchets ménagers sont incinérés à l’usine du Pied des Gouttes qui produit une partie de l’eau servant au chauffage des appartements de la Petite Hollande. Les ambassadeurs du tri de la CAPM ont une mission de sensibilisation à cette notion et présentent les points de recyclage simplifiés dans les quartiers. David Boileau de l’Espace Info Énergie insiste justement pour que les locataires ne soient pas les laissés-pour-compte des démarches de développement durable.
“Nous pouvons par exemple avoir recours à des démarches à investissement nul comme reparamétrer l’ensemble des installations de chauffage de 20 à 19 °C, explique Jean-Christophe Pequignot. 1 °C d’ambiance en moins, c’est 7 % d’économie !” La sensibilisation est là primordiale. “Si les 300 ordinateurs de la Ville étaient coupés pendant le déjeuner, nous économiserions l’équivalent de la consommation annuelle en électricité de l’école maternelle de la rue de Belfort.” D’autres initiatives ont un coût, mais permettent des économies à long terme : l’isolation des bâtiments municipaux, la systématisation des lampes basses consommation ou encore la rénovation des chaufferies de plus de 20 ans, permettant également d’abaisser le rejet de CO2 de 20 tonnes par an. Côté économies, sur le site PSA Peugeot Citroën, la consommation d’eau est passée de 7,69 à 2,94 millions de mètres cubes entre 1998 et 2006. La Communauté d’agglomération a institué une Semaine de l’énergie pour apprendre à consommer moins. “Nous devons améliorer nos gestes quotidiens, insiste Pierre Feuvrier. Notre but n’est pas de faire peur aux gens, mais de les éduquer, de faire de l’économie d’énergie une vraie démarche de société.” Et n’oublions pas que l’ensemble de ces démarches repose sur une phrase toute simple d’Antoine de Saint-Exupéry : “Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.” JULIE ZERLAUTH
Question à Pierre Feuvrier, |
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